PÉPLUM

Création octobre 2023

Conception Olivier Martin-Salvan

Commande d'écriture Valérian Guillaume

Note d’intention par Olivier Martin-Salvan

Depuis que j’ai commencé à m’intéresser au Moyen Âge, j’ai comme la sensation qu’on a occulté 1000 ans d’Histoire. Face aux périodes glorieuses de l’Antiquité et de la Renaissance on a pu avoir une image erronée du Moyen Âge. Que ce soit à travers le cinéma ou la télévision, on a souvent l’image d’un monde marronnasse, mal odorant et cruel où les hommes et les femmes ressemblent plus à des bêtes qu’à des êtres humains.

Grâce à des médiévistes et historiens lus et rencontrés, je découvre au contraire un monde subtil, poétique, rempli d’humour et plein d’une puissance créatrice puisant sa source dans le Merveilleux. Les couleurs sont très présentes et très vives, ainsi que la nature, et ce qui m’intéresse le plus c’est l’absence de frontière entre le comique, le tragique et le spirituel. Rabelais est sans doute parmi les derniers grands auteurs à garder cette force de tresser ensemble ces trois entités. De grands textes antiques ont continué à être lus et commentés, intégrés dans la littérature avec toute l’originalité de cette longue et intense époque.

Avec l’invitation que je fais à la Troupe Catalyse (7 comédiens), nous serons nombreux sur le plateau, une vingtaine d’acteurs ! Je dis souvent que les acteurs de Catalyse sont imbattables sur le Moyen âge. C’est-à-dire, dans l’idée que je me fais de la culture médiévale, il y a quelque chose de très direct et de très intense dans leur manière de s’exprimer. Avec eux, les mises en abyme, enchâssements, digressions et intrigues ou théâtres simultanés m’apparaissent comme une évidence. Je rêve de grands tableaux collectifs et de foules tout le temps présentes, des fresques, dans lesquelles on découvre en s’attardant, des miniatures, comme des évènements soudains plus intimes au cœur du nombre. Pour l’instant le titre du spectacle c’est PEPLUM Médiéval !

« Me voilà donc en face de ce qui me bouleversait chez Molière, Tabarin et Rabelais : les farces et leur esprit drolatique et saisissant, l’élan des grands spectacles comme dans les mystères qui pouvaient durer plusieurs jours, le fantastique et le réalisme enchâssés dans les chansons de geste… Une liberté et un mélange de style qui m’inspirent profondément ! »

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Olivier Martin-Salvan

Note littéraire par Mathias Sieffert

Beaucoup de choses m’intéressent dans ce projet. Il touche à mes objets de recherche : la poésie et la musique, l’humour noir, la scénographie littéraire, les liens entre théâtre et poésie au XVe siècle. De tous les débats, projets, idées que nous avons partagées, une piste me semble à explorer : la danse macabre. Elle existait, pour sa première occurrence, au cimetière des Innocents, peinte sur les arcades de l’un des charniers parisiens, dans ce lieu qui était à la fois un lieu de rencontre, de loubards, de religieux et de badauds. Elle représente une série de personnages sociaux correspondant à ce que l’on appelait alors les « états de la société » : le Pape, l’évêque, le clerc, l’usurier, le professeur, le boucher, la putain, le prince, le roi, etc. Autant de personnages qui, sûrs de leur pouvoir, sont accompagnés d’un squelette sarcastique qui l’invite à entrer dans une danse aussi terrifiante que drolatique. Cette fresque a été détruite au XVIIe siècle. Elle est reproduite dans un imprimé de 1489 que l’on doit à un libraire, Guyot Marchant. Elle a une dimension satirique : il s’agit de montrer aux puissants que malgré les rêves de grandeur que la contingence leur permet d’avoir, les squelettes les regardent amusés. La mort est, dit-on, une « grande égalisatrice », qu’on pourrait aussi bien entendre en un sens théologique chrétien, que social.

Ce n’est qu’un exemple d’enquête. Bien d’autres objets pourraient donner un cadre et un mouvement à l’écriture. C’est aussi l’une des dimensions qui me plait dans ce travail : il s’agit d’une pratique collective. J’y suis particulièrement sensible car c’est exactement de cette manière qu’on conçoit la poésie au Moyen Âge – j’y ai consacré un séminaire de Master cette année.

Il y a ici la promesse d’un voyage vers l’inconnu, une aventure au sens médiéval du terme : une plongée dans la rencontre fortuite. Encore plus enthousiasmante, quand on connaît déjà un peu ses compagnons de route.

« Je rêve donc d’une fresque qui s’inspire des XIVe et XVe siècles, « l’automne du Moyen Âge », comme le décrit l’historien hollandais Johan Huizinga. J’imagine les répétitions d’un mystère, le Fou à la cour qui humilie le roi dans une ambiance de plomb rompue par le rire de la souveraine, des tournois d’éloquences, une tentative de reconstitution d’une célèbre fresque vendéenne, des débats de spécialistes, la célèbre danse macabre du cimetière des Innocents ou encore la représentation d’allégories inspirées du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris, chef d’œuvre de la littérature médiévale. »

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Olivier Martin-Salvan

Distribution

Mise en scène Olivier Martin-Salvan
Commande d’écriture Valérian Guillaume
Avec 15 comédien·ne·s (en cours de confirmation)
Conseil littéraire Mathias Sieffert
Recherches dramaturgiques Mathilde Hennegrave
Assistanat à la mise en scène Lorraine Kerlo Aurégan
Scénographie et costumes Clédat & Petitpierre
Réalisation des costumes Anne Tesson
Chorégraphie Ana Rita Teodoro
Composition musicale et vocale Miguel Henry
Création et traitement sonores Vivien Trelcat et Maxime Lance
Lumières (en cours)

Production / diffusion / administration Colomba Ambroselli assistée de Nicolas Beck

Production Tsen Productions

Production déléguée pour la troupe Catalyse Centre National pour la Création Adaptée – Morlaix / ESAT Les Genêts d’Or

Coproduction MC2: Grenoble scène nationale, Théâtre National Wallonie-Bruxelles, CENTQUATRE-PARIS, Le Manège Maubeuge scène nationale transfrontalière, Théâtre de Lorient CDN, Le Quartz scène nationale de Brest, Tandem scène nationale Arras-Douai, Scène nationale du Sud Aquitain, L’Arc scène nationale Le Creusot, Maison de la Culture d’Amiens scène nationale, La Coursive scène nationale de La Rochelle, Maison de la Culture de Bourges scène nationale, Le Grand R scène nationale de La Roche-sur-Yon, La Comédie scène nationale de Clermont-Ferrand, Maillon Théâtre de Strasbourg scène Européenne, Théâtre de l’Archipel scène nationale de Perpignan, Le Fanal scène nationale de Saint-Nazaire, Le Lieu unique scène nationale, Le Grand T (recherche de coproduction en cours).

Tsen Productions – Olivier Martin Salvan est conventionné par le Ministère de la Culture – DRAC de Bretagne.

Accueil en résidence Le CENTQUATRE-PARIS, Centre National pour la Création Adaptée – Morlaix, Le Manège Maubeuge scène nationale transfrontalière, MC2: Grenoble scène nationale, La Chartreuse Centre national des écritures du spectacle.

Avec le soutien de L’École de la Comédie de Saint-Etienne / DIESE # Auvergne-Rhône-Alpes, Césaré Centre national de création musicale de Reims, Théâtre des Quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne et du Tax Shelter du gouvernement fédéral belge.

Construction du décor et confection des costumes les ateliers du Théâtre National Wallonie-Bruxelles.

Olivier Martin-Salvan est artiste associé au CENTQUATRE-PARIS, au TJP CDN de Strasbourg et membre du Phalanstère d’artistes du Centre National pour la Création Adaptée.